Rampage

De Brad Peyton, 2018.

The Rock, un loup géant volant et un combat entre un alligator géant et le petit cousin de King Kong (albinos, pour pas les confondre)… Que demande le peuple ? Bienvenue dans l’univers régressif des blockbusters à l’ancienne, méchamment débile mais spectaculaire, dans le genre cookie-cheesecake-crème caramel, surmonté par une dame blanche, nappé de sirop d’érable et recouvert de barbe à papa rose fluo. Un poil écœurant, donc.

Le canadien Brad Peyton, qui se spécialise dans le film d’aventure/film catastrophe familial (Voyage au centre de la Terre 2, déjà avec The Rock, San Adreas) disposait d’un bon gros budget effets spéciaux (120 millions de dollars tout de même) pour nous proposer sa version « moderne » du Monde Perdu, avec des blagues cools, des méchants vraiment méchants et de l’action à revendre. Le synopsis tient en trois lignes : une méchante compagnie de bio-ingénierie perd des échantillons d’un mutagène sur Terre suite à la destruction de leur labo suborbital. Le mutagène transforme de sympathiques animaux sauvages en monstres géants super-agressifs (ici, un gorille, un alligator et un loup). Heureusement, The Rock, ex-militaire reconverti comme monsieur primate du Zoo de Chicago, est pote avec le gorille mutant et va sauver le monde, ramassant au passage une nouvelle copine, un agents fédéral rebelle/cowboy qui deviendra son best-buddy, et flinguant les méchants avec style.

Déjà vu/lu/entendu des millions de fois, vous allez me dire. En effet. Mais, on ne peut malgré tout s’empêcher d’avoir le sourire aux lèvres quand on entend Dwayne Johnson dire, dans le combat final: « Et le loup vole, évidemment« . Car au plus c’est gros, au mieux ça passe. Passer le défoulement pour petit garçon, je suis toujours fasciné à la fin de ce genre de film quand je me dit que des producteurs ont misé 120 millions de dollars sur ce genre de grosse machine. On dit toujours que Hollywood ne table que sur des suites et des remakes. Voilà pourtant un gros budget alloué à un script original (enfin, original, vous m’avez compris…), avec une prise de risque tout de même assez grande (le remake de Godzilla n’a pas spécialement marché, sans parler du second Pacific Rim). Et ça marche. Sans doute le public aime être rassuré de vivre une expérience déjà connue, avec un soupçon d’inédit et de nouveauté.

Bien sûr, Dwayne « The People’s Eyebrow » Johnson est très efficace dans le registre du paquet de muscles sympathique. Ses expressions exagérées, héritées de son passé de catcheur (où les sentiments doivent être tellement exagérés et excessifs qu’ils doivent pouvoir se lire sur les expressions faciales depuis l’autre côté d’une salle de 20.000 places), fonctionnent à merveille. Jeffrey Dean Morgan (l’inoubliable Comedian des Watchmen, avant d’enchaîner des rôles importants dans diverses séries télé) cabotine tout le film en jouant les vieux cowboy justicier et Malin Akerman (Silk Specter, là aussi, dans les Watchmen) s’amuse à fond dans son rôle de méchante très méchante. Même le gros gorille (qui n’est pour une fois pas joué par Andy Serkis) se taille sa place à l’écran avec son humour à deux balles et ses doigts d’honneur. Et les effets spéciaux sont honorables, mêmes s’ils sont très loin des prouesses faites sur la nouvelle trilogie de la Planète des Singes, par exemple.

Mais ces performances et la technique ne font pas un bon film. Rampage: Hors de contrôle fait partie de ces productions à la chaîne qui fleurent bon le nanar sympathique. A l’instar d’un tube de l’été, ce type de film est destiné à marcher pendant quelques semaines et à être oublié aussi vite. Le divertissement parfait pour une soirée pizza-coca devant TF1 le dimanche à 20h50. Bilan de l’opération : un film raté ? Non. Un film réussi ? Pas vraiment non plus. Mais qui a le mérite de distraire pendant 1h40 et qui n’a pas la prétention de faire autre chose. Du pop-corn un peu trop sucré, en somme. Les amateurs consommeront.

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