Angel Heart

Sous-titré : Le Sabbat dans Central Park

De William Hjortsberg, 1978.

Harry Angel est un privé new-yorkais dans les années 50. Il est engagé par un certain Louis Cypher (ah! mais qui pourrait bien ce cacher derrière ce patronyme ?) pour retrouver le chanteur Johnny Favorite, disparu quelques années plus tôt de l’hôpital pour vétérans de guerre où il était soigné. Et Harry de passer son imper, de mettre son flingue en bandoulière et de partir interroger toutes les connaissances dudit Johnny. Rapidement, il se rend compte que de sombres histoires de rites vaudous et/ou sataniques traînent dans les parages et que la piste de Johnny sent le souffre. Et les choses s’aggravent lorsque les témoins contactés par Harry commencent à mourir l’un après l’autre, de l’assassinat maquillé en suicide en passant par le meurtre rituel…

Hjortsberg, auteur assez peu prolifique, signe avec Angel Heart l’un de ces deux succès d’édition (avec Nevermore, autre roman noir qui convoque Conan Doyle et Houdini pour résoudre une enquête dans les années 20). Et Angel Heart est également son œuvre la plus connue, suite à l’adaptation ciné d’Alan Parker fin des années 80 avec Mickey Rourke (avant chirurgie) dans le rôle principal et Robert De Niro dans le rôle de Lucifer (je ne vous ai pas vraiment spoilé, si ?). Alan Parker eu d’ailleurs la bonne idée de déplacer l’intrigue de New York (dans le roman) vers la Nouvelle-Orléans (dans le film), ce qui donne un côté Sud décadent qui colle à l’histoire et rend l’hommage au jazz de l’entre-deux-guerres encore plus évident.

Le bouquin, lui, se lit pour ce qu’il est : un bon policier. Entièrement centré sur Angel et son enquête, le roman nous fait vivre heure par heure et jour par jour l’avancement du privé dans les méandres sataniques de la vie de Johnny Favorite. Et c’est efficace comme un bon polar : ça se lit vite, c’est plein de rebondissements, de sang et même un peu de sexe. Reste à savoir pourquoi Folio a décidé de le rééditer dans sa collection SF, alors qu’il était originellement publié dans la série noire de Gallimard, où il avait probablement plus sa place. L’élément fantastique du bouquin (vous l’aurez compris : le diable est aux manettes) lui trouverait davantage une place naturelle dans la collection horreur (aux côtés de King ou de Straub) que dans la collection SF.

Mais qu’à cela ne tienne : ça fait longtemps que je n’avais plus lu de polar, n’étant pas tellement friand d’un genre où la mécanique est tellement bien huilée que rares sont les auteurs qui parviennent à innover ; c’était l’occasion ! De plus, par ses fortes chaleurs (il fait 36° chez moi !), la moiteur des clubs de jazz interlopes des bas-fonds de New York sonnent très naturels. Tout comme les sabbats glauques qui donnent leur sous-titre au livre. Enfin, le twist final est bien amené et finalement assez peu prévisible, ce qui joue aussi en faveur du titre. Bref : un bonne histoire, pour ceux que le glauque n’effraie pas, même si ce n’est certes pas un chef-d’œuvre intemporel.

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